On y trouvait quelque chose de dense
Ils disaient tous nos sens
Ces paroles que nos langues disaient
Ces mots que nos têtes pensaient
Parfois, comme un vide que l'on comble
Venaient dans certains esprits semer le trouble.
Les uns beaux un instant trouvaient ces mots
Qui, assassins pour d'autres allaient s'avérer très tôt
Dans une douce mélodie qui berçaient nos oreilles
Nos paupières s'en allaient dans ce voyage appélé sommeil
Et nous dormions encore et encore
A ne point être réveillés par l'aurore.
Ces mots là
D'aucuns les disaient avec delectation
Savourant les délices des émois crées çi et là
Transformés bien vite en exaltation
Attristant quelques fois par la teneur de leurs propos
Des âmes auprès desquelles ils avaient jadis trouvé un écho
Ces mots lumineux ou idées hideuses
Nous les conjuguions au présent, futur et passé
Car aussitôt dits nous en étions lassés
Comme ces furtifs instants d'immortalité
Qu'à notre existence heureuse ou malheureuse
Nous avions astucieusement dérobé
Le chaos des mots est notre mélodie quotidienne
L'art de ne point dire ce que notre âme sait
Le voile derrière lequel on se soustrait
Un hymne somme tout muet
Qui trouve sa grâce et son attrait
En ce qu'il n'est perceptibe et audible
Que par des sens bien plus que sensibles.
Thy
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