Où va la Vie va Thy



20 juin 2008

Le chaos des mots

On y trouvait quelque chose de dense
Ils disaient tous nos sens
Ces paroles que nos langues disaient
Ces mots que nos têtes pensaient
Parfois, comme un vide que l'on comble
Venaient dans certains esprits semer le trouble.

Les uns beaux un instant trouvaient ces mots
Qui, assassins pour d'autres allaient s'avérer très tôt
Dans une douce mélodie qui berçaient nos oreilles
Nos paupières s'en allaient dans ce voyage appélé sommeil
Et nous dormions encore et encore
A ne point être réveillés par l'aurore.

Ces mots là
D'aucuns les disaient avec delectation
Savourant les délices des émois crées çi et là
Transformés bien vite en exaltation
Attristant quelques fois par la teneur de leurs propos
Des âmes auprès desquelles ils avaient jadis trouvé un écho

Ces mots lumineux ou idées hideuses
Nous les conjuguions au présent, futur et passé
Car aussitôt dits nous en étions lassés
Comme ces furtifs instants d'immortalité
Qu'à notre existence heureuse ou malheureuse
Nous avions astucieusement dérobé

Le chaos des mots est notre mélodie quotidienne
L'art de ne point dire ce que notre âme sait
Le voile derrière lequel on se soustrait
Un hymne somme tout muet
Qui trouve sa grâce et son attrait
En ce qu'il n'est perceptibe et audible
Que par des sens bien plus que sensibles.

Thy

9 juin 2008

Pluriel

Carrefour de notre société
Idéal de la vie communautaire
Absence de recherche identitaire
Ville de tout type de notoriété
Venise rêvée de l'insouciance humaine
Ville ayant échappé aux feux de la géhenne
C'est ma "Pluriel"
Ma belle qui comme une eau douce
Coule et apaise ce qui me courrouce
En elle il n'y a aucun fiel

Ici vivent des hommes
Inconnus, venus de contrées lointaines
Etrangers, arrivés des quatre coins de la terre
Affluant tous vers le même dôme
Puissant, tutélaire, entouré de quelque mystère
Habitacle bâti sur le sang et la peine
Tu es dans le cosmos ce point qui séduit
Belle étoile surgie de mes rêves de minuit
Ici aussi il n'y a point d'identité
Tous nous nous confondons dans la même entité

Civilisation, culture, que de mots abstraits
Là-bas ils ont un sens concrets
Ici ils se perdent dans l'immensité de la foule
Foule surgie de partout qui comme une eau paisiblement coule
Ces gens là ne sont pas d'ici
Ces gens là n'ont jamais vécu là
A leurs pas hésitants on devine de lointains pélèrins
Cherchant dans la foule bigarrée leurs repères
Ce sont les hommes de la prophétie
Des gens ordinaires d'ici et de là-bas
Animés par le désir de bâtir une oeuvre aussi durable que l'airain
Mortels conquérants foulant une nouvelle sphère
Ce sont les hommes de ma Pluriel
Avançant sous la benediction du ciel

Heureux comme Ulysse
D'avoir bravés épreuves, océans et adversaires
Comme de joyeux lurons gaiement ils devisent
Disant leur bonne aventure à leurs compères
Guettant à l'aurore quelques prémices
Fondations d'une cité que déjà ils balisent
Comme d'innocents enfants ils s'amusent
Oubliant parfois ce qui les méduse

Pluriel, la cité des hommes heureux
Oubliant un instant les ténèbres de leur vie
Occultant le côté noir de leur coeur
Taisant querelles et rancoeurs
Cachant leurs vices et leurs inavouables envies
Pour devenir d'étranges paresseux.

Thy

Ceux qui savent

Ceux qui savent
Ceux qui gavent
Ceux qui pensent penser
Ceux qui pensent insensé
Ceux qui rêvent d'intelligence
Ceux qui ont perdu leur innocence
Ceux qui se ruent vers le savoir
Ceux qui savent sans comprendre
Ceux qui avec leur savoir veulent surprendre
Ceux qui avec leur savoir ne cessent de decevoir
Les idées sans cesse courent le monde
Les unes claires les autres immondes

Les hommes de savants incultes
D'éternels enfants vite devenus adultes
Disent à l'occasion à tout va "je sais"
Disent bien rarement "je me tais"
Ils clament partout avoir raison
Ils ignorent bien souvent les saisons
Ils raisonnent pareil peu importe le lieu et le temps
Ils blasphèment quelle que soit l'heure ou le moment
Ceux qui oppriment
Ceux qui s'expriment
Au nom de ceux qui dépriment
Ceux qui friment
Ceux qui triment

Ceux qui savent
Ceux qui nous gavent
Ceux que la République a érigé en "super fils"
Ceux que l'on vénére pour leurs édits
Ceux dont on cache parfois les non-dits
Ceux que l'on qualifie d'érudits
Ceus qui font et ne sont jamais punis

Ceux qui s'immiscent dans notre sommeil
Ceux qui nous promettent monts et merveilles
Ceux qui parlent pour nous
Ceux qui nous em******* tous
Ceux que le ventre à fait éminence
Ceux que le nom chaque jour trahit
Ceux qui par le doute sont envahis


Thy

Part de moi

Le désir de n'être point un banal mortel
Une irrésistible envie de s'inscrire dans l'éternité
Hante un esprit souillé par des pensées malsaines
Qui, par ses passions inassouvies se laisse aller
Faire partie de ce cercle d'immortels
Que louent les mortels dans les rues et allées
Comme d'antiques et célèbres divinités
C'était le rêve que caressait la condition humaine.

Nous rêvions tous de cela
Hélas emportés très tôt au-delà
Réaliser ce projet homérique ne nous fut pas donné
Emportant dans nos caveaux des espoirs erronnés
Deçus de n'avoir pas été ce que nous voulions
Nous entamions notre retour vers la sainte Sion
Confesser cette offense envers l'Etre
Afin d'éviter la Gehenne ou à Bicêtre

Ces rêves, espoirs étaient une part de moi
Ils me grandissaient et faisaient mon émoi
Ils étaient mes rêves d'enfants gâtés
Perdus dans le péché et autres réalités.

Thy
Comme un air dans l'air
Le coeur se laissait couler
Flatté par des battements cadencés
Les hommes avaient vu juste
Sur terre était aussi une forme d'Eden

Alors que le soleil jaloux
Venait juste de farcir de lointaines terres
Une eau douce et rouge coulait dans nos veines
Les hommes, nous, savions que nous étions "un"
Ils mimaient la mélodie joyeuse intitulée "bonheur"

Une seconde, un tierce sur cette aire
Voilà que tout semblait leur plaire
Le faix que la vie leur avait infligé un jour
Ancré dans les tablettes des oubliettes
Ne semblait jamais faire partie de leur séjour

Bien-être est ce mot qui se conjuguait
Bien est ce mot que toutes les lèvres disaient
Comme d'innocentes gentilles fillettes
Heureuses de recevoir un cadeau, leur premier
Celui dont la Providence les avait gratifiée.

Thy

Stop..

Arrête ce chahut
Arrête cette cacophonie
Laisse parler la nature
Ecoute la voix du silence
Laisse toi bercer par des mots muets
Laisse parler les grillons

Un jour s'est levé
Encore un autre
Il trépasse et toi tu passes
Avec ces espoirs qui de des yeux dépassent
Arrête ce chahut
Arrête cette cacophonie

Il me semble que tu es loquace
Il me semble que tu es éloquent
Est-ce suffisant pour que tu sois
Tais ce que tu hais
Fais ce que tu tais
Comme la nature,
Prie qu'on te laisse en paix

Souffre le martyre
Souffre de quelque satire
N'oublie jamais
De laisser la nature en paix.

Thy