Où va la Vie va Thy



20 févr. 2008

Pas si on

Que diantre insolentes sont ces choses là
Ces maux qui se saisissent de notre esprit
Juste le temps d’une petite rêverie
De petits êtres animaux venus de l’au-delà
Nous courent sous la peau comme le cotillon
Réveillant des feux qui s’étaient jadis éteints

Nul besoin d’être laid ou beau
Nul besoin de couleur ou simplement de teint
Non ce n’est pas une illusion
Un instant on vit au rythme de ses pulsions
La joie, la bonne humeur sont au rendez-vous
Tous les sens sont tenus au garde-à-vous

Une pertinente impertinence
Que l’on vit avec diligence
Le corps vit dans un embrasement quotidien
Une sensation venant du cœur, de son méridien
Les uns l’appellent l’Amour
Les autres la nomment la Passion

Des mots pour dire cette affection
Y en a-t-il en ce bas séjour
Innocentes, pédantes ou ignorantes
Indécentes, savantes ou délirantes
Ces sensations sont multiples et variées
Ici on les aime, là on en est très contrarié

Thy

Illusions

Les regards bluffeurs
Ces armes qui font des malheurs
Une invite à un bonheur de courte durée
Un appel trompeur
Que peut-on lire dans leur profondeur
Une maigre joie transformée en pâleur
Une expression d’innocence, de candeur

Une âme dissimulant sa tiédeur
Ou un corps rongé par une tumeur
Un instant ils laissent échapper des pleurs
Est-ce là l’expression de notre peur
Nenni, ici sont passés de beaux traits troubles
Qui dans ce regard ont choisi leur demeure
Dans la nature court une certaine rumeur

Sous la lumière blafarde, des regards se croisent à la bonne heure
Rayonnants dira-t-on de toute leur splendeur
Fauteurs certes mais très joueurs
Le temps d’une illusion, sont oubliées nos rancœurs
Le temps d’une allusion, se rencontrent orateurs et farceurs
Ces regards de meneurs
Sont ceux de promeneurs
Ces yeux en quête de belles rondeurs
Sont ceux des quotidiens baladeurs
Ces regards sont les nôtres
Ces yeux ce sont les vôtre

Thy

Vis

Ici la réalité, le rêve ne ressemblent à rien
Là-bas ils croient beau notre quotidien
Pour eux c’est l’Eden, le paradis
C’est d’ailleurs ce qu’on leur dit
Mais quelle illusion donc
Leur a fait perdre raison

Une feuille qui s’échappe de nos mains
Telle une seconde qui se dérobe à nos lendemains
Une heure, une seule heure sous ce paradis dit
C’est un crime contre la pensante gent que l’on a commis
La rue semble appartenir aux mêmes hommes
Ceux qui font déserter les ruelles à leur passage
Ces misérables humains au sombre ramage
Je suis, tu es, il est, vous êtes, nous sommes

Autour de soi on est comme entouré d’amis
On leur sourit, ils nous sourient on vit avec eux et parmi
Une seule et maigre consolation telle une loi
Une peur ne vivre que pour soi
Chaque jour un peu plus on devient un monstre
Défiguré toujours aussi narcissique
Diabolique aux heures fatidiques

Vivement la chaleur d’un feu
Vade la froideur des cœurs malheureux
L’homme est pour l’homme une arme
Un cerbère au trident muet qui cueille âmes et larmes
La corde de la misère a succédé à la miséricorde
Ce que fait et dit la horde n’est que discorde
Ici la vie ne ressemble à rien
Elle ressemble à l’inverse du bien
Thy

5 févr. 2008

Autrui

L'on n'est point vert jaune ou rouge
Du sang neutre coule dans nos veines
On aime équitablement tout ce qui bouge
Ensemble on prend un bain sur la Seine
Si seulement on pouvait oublier les gènes
Ne plus parler de désamour ou de haine

Longtemps nous avons vécu dans la concorde
Aujourd'hui c'est la guerre et la discorde
Nous ne l'avons sûrement pas voulu
Des intérêts égoïstes parmi nous se sont immiscés
De la même façon nous avons été moulu
Chassons donc ces trouble-fêtes, ces inimitiés

Nous avons en commun le langage du coeur
Il est le lien entre les hommes partout ailleurs
On n'a pas choisi d'être noir de peau
Est-ce par ce que l'on est blanc que l'on vaut
En quoi sommes nous différents frères du Levant
Des gens bien pensantes prennent les devants
Sans cesse ils disent la race, l'ethnie
Que sais-je encore
Transmettant ainsi leur apathie
Dans le triste décor

Nous sommes les citoyens du mondez
Des apatrides tournant à la ronde
Mon pays va d'ici à là
Il avoisine l'au-delà
Je t'ouvre mon coeur
Te donne ma main
Ne prends surtout pas peur
Je suis sincère et pas malin

Thy

Retour aux sources

Il y a un oiseau dans le ciel qui m'a amené jusqu'ici
Sur ces terres que j'avais laissées pour errer ailleurs
Il y a une houle discrète qui m'a conduit vers ce pays qui est le mien
J'ai entendu le chant des nuages me susurrer de doux mots d'accueil
A mille lieues sous mes pieds marteler le sol j'ai entendu le pas du chevreuil

Là haut dans le ciel des voix me disaient
Voici venu le temps du retour
Un retour, un court séjour
Me voici parmi les miens
Lié par d'invisibles liens

Je suis redevenu le petit garçon que je fus
Emerveillé à n'en plus finir
Les yeux pleins de désirs
Je suis « l'être présent »que je n'étais plus
Mes pères et mes frères étaient là
Au bas de la passerelle accueillants
Par leur sourires joyeux m'inondant

En cet instant magique que je ne rêvais pas
J'ai l'heur d'être des leurs
Chaque seconde est un pur bonheur
Avec ce retour au bercail
Je me réjouis des agréments qui l'émaillent।

Thy

Berçeuse

Chaque bouche dit : un jour...
Chaque être a des espoirs en ce bas séjour
Chaque fois pourtant c'est la même histoire
Une vie vide et pleine d'évènements notoires

Ici c'est la main creuse du loup qui crie
Ici aussi c'est l'abondance qu'on décrie
Ici on parle jaune
Là-bas on est aphone

Chez nous tout est vert
Chez eux tout est noir par devers
Le bleu du ciel aura oublié ses airs arrogants
Le blanc de la neige ne sera plus souillé par des brigands
Aux champs diamantifères
Aux aires aurifères

On dira Vade, ils ne seront plus d'actualité
Le méchant loup bercera l'agneau avec sensualité
Les mains jadis vides clameront leur allégresse
A tout vent elles propageront leur liesse

Dans notre regard on lira la joie de revivre
Ah de revivre on sera tout joyeux et tout ivre
Des jardins aux couleurs bigarrées parsèmeront nos chemins
Le chant du coq viendra faire renaître nos lendemains

Une langue, la langue universelle
Une cité, la cité universelle
Nous rappèlerons notre statut universel
Oh ma foi on logera tous à la même enseigne
Bien qu'aujourd'hui encore on s'entresaigne

Thy