Où va la Vie va Thy



Permis de séjour - chapitre 1

Ma vie aurait dû commencer ce jour là, le soleil brillait de toute sa splendeur en cette fin de mois d’avril. Seule la petite brise passagère venait troubler la quiétude de cette nature qui paraissait sereine. C’était un joli dimanche ensoleillé de printemps. Ce type de jour qu’on n’oublie jamais. Certains se souviennent toujours de leur premier amour, d’autres encore de leur premier échec sentimental. Il ne me souvenait pas avoir eu de premières amours, par contre j’avais connu moult échecs hélas pas seulement sentimentaux.
Tous les jardins étaient occupés par les habitués ou encore les amis des habitués du dimanche. Ceux qui venaient là depuis des années pour les mêmes raisons. Courir, marcher, jouer, pique-niquer en famille.

Les uns à vélo, pédalaient pour rattraper une forme qu’ils avaient perdue à force de mauvaises habitudes de vie, les autres papotaient en marchant dans le silence religieux du bois de Vincennes. Des petits groupes occupaient les jardins et trouver un espace où se poser relevait d’une réelle gageure. Mon regard se posait sur ces amoureux assis sur des bancs qui se bécotaient allègrement comme si ils vivaient là leurs derniers instants. La nature chantait le bonheur et les oiseaux louaient le beau temps.

Mon cœur battait presque normalement. A ce jour je n’y avais jamais prêté attention pas plus d’ailleurs qu’une quelconque autre partie de mon anatomie. Généralement quand le bonheur ou le malheur arrivent on s’y attend le moins.
Au petit séminaire il n était pas rare que l’on nous rappelle que le bon Dieu venait justement à nous quand on s’y attendait le moins. Des textes bibliques semblaient étayer cette thèse en l’occurrence la rencontre de l’apôtre Paul sur son chemin vers Damas. Je l’avais invoqué bien souvent – peut-être un peu trop souvent dans mes mésaventures et mes malheurs. En réalité, du petit séminaire j’ai retenu bien peu de choses sinon il a façonné le caractère religieux de certains de mes faire et dire.

J’y avais trouvé des frères, des amis, une éducation et le sens des valeurs morales. Pas un jour ne passait sans que l’on nous rappelât ô combien important il était important d’aimer son prochain. Avec le recul nécessaire je crois avoir compris que mon prochain c’était d’abord moi. Comment aimer les autres si on ne s’aime pas soi-même.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

D'une manière générale, l'Homme ( l'être humain) reste plus souvent marqué par des actes de corrections qui visent à façonner le futur caractère de l'adulte qui sommeille en nous à cet âge là... Je fais ainsi référence au caractère réligieux qui t'a façonné lors de ton séjour au petit séminaire....L'envie soudaine de rire me prend, lorsque je t'imagine en ces lieux...Je te l'avoue, j'en rie!! Ne m'en tiens pas rigueur.

Anonyme a dit…

le rire a défaut d'être un bon remède peut aussi être un beau voile à d'autres émotions..riez, riez donc ma chère amie !!