Un jour on apprend d'un anodin personnage
Devenu il faut le croire sage à force d'adages
Que la vie est tout aussi bien qu'un gage,
Un grand pari dans lequel on s'engage.
Hier une idée flirtait avec nos méninges et leurs parages
Cherchant sans doute à y trouver un rivage
L'âge hélas sans ambages s'y était frayé un menu passage
Puis l'avait de force étalée sur le carrelage
Jeune encore on rêve de filles et de plage,
De ces feux follets qui ne sont que mirage.
Parfois en songe, on voit des rois mages
A qui on rend au réveil moult hommages
Moins jeune l'on se caresse bedaine et pelage
En se remémorant quelques furtives images
Que l'âme tient enfermées dans une cage
Comme jadis certains mauvais présages
Ces souvenirs quelques fois sans visages
A nous liés comme de solides attelages
Parlent très souvent un langage
Que seul comprend notre âge
Le scélérat, l'ami, le traître, ce farceur de mémoire : l'âge
Nous martèle « avance toujours et moi je tournerai la page »
Thy
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